Syndrome de Dawn, le Maître des fourmis

Vous pensez qu’un livre auto-édité ne vaut pas tripette ? Osez donc sortir du troupeau et lisez ce court extrait pour vous faire une idée.

Syndrome de Dawn, la Maître des fourmis

Ebook : https://www.amazon.fr/dp/B07H9QBD9V

Livre papier : https://www.amazon.fr/Syndrome-Dawn-fourmis-Freeric-Huginn/dp/1726636208

Extrait :

Prologue

Il y a des rencontres comme ça qui bouleversent toute votre existence. Des rencontres assez fortes pour renverser toutes vos croyances et venir changer le cours de votre vie pour le meilleur ou pour le pire.

Une rencontre soudaine, violente, inattendue, est venue bouleverser la mienne, un beau jour que j’ai maudit sur l’instant et quelques années encore.

Mais aujourd’hui pour rien au monde, je ne voudrais rater ce rendez-vous du destin. Ce destin facétieux, parfois cruel, qui se joue bien souvent de nous, impose ses règles et contre lesquelles il n’est possible de lutter.

Que le début de l’aventure

3 h 12 du mat’

Faut toujours que ça arrive à des heures pas possibles ces trucs-là. Et quand tu t’y attends le moins, évidemment…

T’es là tranquille en train de pioncer profond dans ton lit. Plus rien n’existe. Rien. Plus de soucis. Le Paradis. Pas d’emmerdes pour venir te torturer le cerveau des heures et qui font que celui-ci met des plombes avant de se caler enfin en position OFF.

Donc, te voilà tranquilou peinard à côté de ta moitié, quand… tendue par le témoin de cet amour éternel que vous vous êtes promis devant Monsieur le Maire, sa panse énorme ne trouve rien de mieux que de rendre ses eaux avidement accumulées ; durant ces neuf mois d’attente innommables et tous ces impossibles tracas déboulant avec.

Trempé. La gueule enfarinée. Faut que tu sautes du lit. Aides ta chère et tendre à s’habiller. Enfiles toi-même un truc à te coller sur le dos. Localises ces foutues clefs, pour une fois bien planquées dans la poche de cette veste nonchalamment abandonnée sur le dossier de la chaise du salon, alors que d’habitude tu ne les laisses jamais trainer… Bref, tout commence pour le mieux quoi.

Et te voici enfin en route vers la seconde moitié de l’aventure…

Mais revenons quelque temps en arrière, si tu veux bien, que je te raconte un peu comment tout cela s’est goupillé, afin que tu puisses comprendre.

Ils tombent, tu tombes, je tombe…

« On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans », disait le poète.

Bien qu’à cet âge je ne pouvais l’encadrer celui-ci, je dois admettre qu’il avait raison.

Et moi, plus toute la mienne.

Les hormones en effervescence, le mâle en rut scrutait avec attention tout ce qui passait à la portée de son regard où se dissimulait une lubricité à peine voilée.

Quand un jour… je l’ai croisée.

D’habitude, j’aurais sans vergogne maté sa croupe généreuse, portée par une démarche élégante et balançant avec nonchalance ses deux morceaux de chair rebondie.

Mais là, que dire… rien. Nada.

J’étais sous le charme. Comme ensorcelé.

Au point d’en oublier même de regarder ce qui m’intéressait au plus haut point à l’accoutumée.

Je me souviens encore aujourd’hui de ce bandana rouge, noué à hauteur de son genou par-dessus son jean bleu délavé, et de son T-shirt à bretelles rehaussant le galbe de ses épaules dénudées.

La façon qu’elle avait eue de passer devant moi, en inclinant la tête pour me faire ce signe de la main.

De ses cheveux noirs de jais retombant en mèches le long de son cou gracieux.

De son regard amusé – sans doute avais-je l’air d’un abruti complet – et de ce qu’elle m’avait dit alors.

— Salut !

Sans que je ne puisse lui articuler quoi que ce soit en retour, les mots se refusant à sortir de ma gorge nouée.

C’est donc ce jour, que j’ai compris ce que pouvait bien signifier Tomber amoureux.

Et autant l’avouer de suite, cela me faisait plutôt flipper méchant. Rien à voir avec ces amourettes sans grande importance au final.

Tomber… le mec ou la nana ayant balancé cette expression pour la première fois avait tout à fait cerné le problème. Car tu sais quand tu tombes, mais jamais la gueule que t’auras après t’être ramassé la tronche par terre.

Peut-être est-ce pour cela, ce nombre incalculable de personnes carrément terrifiées lorsque cela s’abat sur eux, ces choses-là.

J’ai vu de grands gaillards partir en vrille complètement à l’ouest à cause de ça, ce machin qu’on appelle l’amour.

Moi, j’espérais passer outre.

Profiter de ma jeunesse.

Multiplier les aventures sans jamais me soucier du lendemain, ni même des cœurs blessés abandonnés dans mon sillage.

Je n’arrivais d’ailleurs pas à comprendre comment ces vrais mecs pouvaient en devenir si pitoyables à se trainer par terre comme des larves et pleurer comme des chiffes molles une fois largués.

Non, mais sérieux… des gonzesses, y en a des tonnes. Pourquoi se foutre dans de tels états pour une seule ?

Et cela est aussi valable pour les nanas.

C’est pas les gars qui manquent.

Quoi qu’il en soit, je regardais ma nénette s’éloigner sans dire un mot et sans bouger un cil tellement j’étais pétrifié.

Ce manque de réaction fit que je la perdis de vue sans même avoir pris le temps de lui demander son blaze ; et son image fugace hanta mes jours et mes nuits sans aucun contrôle possible de ma part.

Autant t’avouer que je tombais de haut.

Moi qui me pensais au-dessus de tout ça…

Coup dur.

Je venais de réaliser que je ne valais pas mieux que tous les autres.

Après deux semaines à scruter, fébrile, l’horizon aux quatre coins de la Rose des Vents dans l’espoir de l’apercevoir, la magie du destin opéra.

C’est donc entre le cours de maths et de philo que je la vis attendre là, adossée au mur des couloirs du bahut.

D’abord, j’ai cru à une illusion.

Que mon imagination me jouait encore des tours. Car c’est marrant comme notre esprit peut s’inventer des images pour tenter de compenser ce manque, ce vide implacable nous étreignant tous un jour.

Il suffit qu’une personne en vienne à nous manquer, pour que l’on voie son portrait presque à chaque coin de rue, mais passons.

Elle était donc là, adossée contre le mur de sa classe, et cette fois-ci, ce n’était pas une illusion.

J’avais tant espéré des jours cet instant et voici que je n’arrivais plus à risquer une action.

Comment l’aborder sans avoir l’air d’un sombre crétin ?

Ce que l’amour peut rendre idiot…

C’est tellement plus facile quand on n’a rien à perdre.

Que l’on souhaite juste draguer.

Simplement vivre de bons moments.

Pas d’inquiétude. Si l’on se plante, on passe à autre chose. Point barre.

Mais là, rien à voir.

Tu ne sais pas pourquoi, mais avec cette nana, t’as pas envie de rater ton entrée.

Sans doute était-ce là le problème…

Me voilà donc les boyaux en train de tricoter des nœuds à tenter une approche, à lancer devant elle un mensonge éhonté.

Comme si je ne l’avais pas reconnue…

— Salut ! C’est pas toi que j’ai croisé devant le bahut l’autre jour ?

— Euh… peut-être. Pourquoi ? répliqua-t-elle sourire en coin.

Les nanas… elles ont ce flair inouï pour débusquer les abrutis. Et avec ce sentiment ineffable, l’amour, refilant un air de crétin à tous ceux qui en sont affublés, je devais avoir décroché le pompon.

Elle m’avait bien mouché avec sa question à deux balles.

Désarçonné, je ne trouvais qu’à lui répondre quelques banalités du genre :

— Je t’avais jamais vu dans l’coin avant. T’es nouvelle ici ?

À peine le temps de me donner une réponse, son prof débarquait dans le couloir pour faire entrer tout le monde.

Je m’incrustais.

Pas question de la perdre à nouveau de vue.

C’est peut-être ce culot qui m’a valu de la séduire plus tard, car franchement rien n’était joué d’avance…

Un tatouage…

Avec elle, je m’étais résolu à jouer cartes sur table, quand d’habitude, j’aurais porté un masque comme la plupart.

J’aurais aimé les mêmes choses qu’elle, les mêmes musiques, les mêmes films…

Je me serais même enthousiasmé pour l’équitation si nécessaire. Alors que j’en ai rien à cirer, moi, des canassons et de leurs noms de robes à coucher dehors : Alezan brûlé, Palomino, Isabelle, Pie Tobiano, etc.

Y peuvent pas dire « marron » ou « blanc » comme tout le monde, ces gens-là ?

J’avais donc décidé d’être moi pour une fois, car rien de solide ne peut se construire sur des mensonges.

Les gars comme les nanas aiment trop souvent jouer un rôle pour le jeu de la séduction. Porter un masque, cela va un temps, mais lorsque celui-ci tombe, la déception est proche et la rupture aussi.

C’est pourquoi je lui en avais demandé beaucoup également.

Je ne voulais pas la voir sous cet angle biaisé où elle ne me dévoilerait que les meilleurs aspects d’elle-même.

Pour une fois dans ma courte existence de dragueur post-pubère, je désirais surtout connaitre ses défauts et lui livrer les miens.

Au moins, elle saurait à quoi s’en tenir ; et avec un peu de chance, mes travers complèteraient les siens.

Un peu comme le sel, dont les deux poisons violents qui le constituent, lorsqu’ils se marient, donnent un élément essentiel à la vie.

Me voici donc dans sa classe d’Histoire à taper l’incruste.

La Loose, impossible de m’asseoir à ses côtés.

Cependant, mon stratagème a fonctionné. Je me suis fondu dans le décor.

Tant pis si je rate mes cours aujourd’hui. De toute façon, je suis ce qu’ils appellent un cancre, un bon à rien, un futur gibier de potence…

Alors, à quoi bon suivre toutes ces leçons ennuyeuses, où l’on apprend que des choses inutiles pour en oublier le principal ?

Puisque je comprends à présent toutes ces chansons que je trouvais débiles auparavant, avec leur refrain tout aussi niaiseux et leurs histoires de p’tit chat au regard sauvage tatoué dans l’cœur.

J’t’en foutrais, moi, des chats tatoués sauvages…

Putain, les mecs ! Vous avez pété une durite ou quoi ?

L’Amour, c’est dans les bouquins Harlequin ou au cinéma à la limite, mais dans la vraie vie, il n’y a que le cul au bout du compte.

Enfin, c’était mes croyances jusqu’alors.

Et puis, ça voulait dire quoi, la vraie vie ?

Peut-être était-ce ce que je me complaisais à croire en vérité, et que je me voilais la face sur cette Réalité :

On est tous en quête de l’Amour, celui qui, parait-il, dure toujours…

Voilà donc comment je l’ai conquise, ma Mélodie.

Un soupçon d’impertinences, une pincée d’humour, noir souvent, et un zeste d’audace avec un premier baisé volé.

C’est ainsi qu’après sept années passées ensemble, nous attendions l’arrivée d’un heureux évènement comme on dit.

 Et que je me retrouvais là ce soir, à pas d’heure, à faire les cent pas dans le couloir de cet hôpital, devant les portes fermées du service Maternité.

Conjuguer l’Amour

J’en avais entendu des vertes et des pas mûres sur l’accouchement durant tous ces mois d’attente.

Mais quand t’es là, et que tu perçois la douleur dans les cris de la femme de ta vie, sans pouvoir faire quoi que ce soit pour la soulager un tant soit peu, y a de quoi devenir dingue.

Et rien n’est pire que de se sentir inutile, crois-moi.

Non, rien n’est pire, vraiment.

Si tu n’as jamais vécu cela, dans une situation où il est question de vie ou de mort, tu ne pourras pas le comprendre en totalité.

Impossible.

C’est comme penser bien connaitre le verbe « Aimer ».

T’auras beau savoir le conjuguer à toutes les sauces. Du présent au subjonctif plus-que-parfait, en passant par le passé simple. Tant que tu n’auras pas aimé quelqu’un véritablement – au point même de risquer la mort rien qu’à l’idée d’une possible séparation – tu seras bien incapable de cerner la chose.

J’étais comme cela fut un temps. Je croyais aimer, mais c’était moi que j’aimais à travers l’autre.

Et si toi aussi tu as une once d’honnêteté, ne me dis pas que jamais, tu ne t’es masturbé avec l’organe génital de ce partenaire qui a partagé ta couche une nuit ou deux, ou plus parfois…

Car le plus souvent, même si l’on n’ose se l’avouer, c’est une pratique commune de se branler ainsi avec le corps d’un autre, fut-il en mesure d’être celle ou celui de toute une vie.

C’est tellement facile de se mentir à soi-même.

De croire que l’on vaut mieux que ça.

Mais qui est-on au fond, lorsque personne n’est là pour nous épier, pour témoigner de nos actes et de nos pensées les plus intimes ?

Nous sommes tous des monstres.

Prêts à tout pour assouvir quelque désir inavouable. Même à commettre le pire…

Si l’on pouvait recenser le nombre de personnes qui ont rêvé, ne serait-ce une seule fois, de zigouiller leur conjoint, on tomberait des nues.

Mais ce soir, sublimés ensemble par l’Amour, les deux monstres que nous étions, Mélodie et moi, avions donné la vie à un troisième.

Tu te demandes sans doute pourquoi je t’ai fait toutes ses confidences, au lieu de te parler de ce sentiment merveilleux d’être père.

C’est très simple.

Rien de tout cela ne m’était destiné.

Après m’avoir laissé tourner en rond des heures comme un dératé, dans ce couloir décoré de maintes fresques enfantines d’un goût suspect, voici que la sage-femme ouvrait enfin devant moi les portes de la salle d’accouchement ; pour me fourrer dans les pattes ce petit être nouvellement venu au monde.

— Tout ne s’est pas trop mal passé dans l’ensemble, mais votre femme doit se reposer maintenant. Le médecin lui a donné un sédatif. Elle devrait se réveiller d’ici quelques heures. Tenez, votre fils… Un beau bébé, m’annonça-t-elle un grand sourire affiché sur son visage décati, tout occupée à me remettre avec délicatesse l’enfant emmitouflé dans un linge propre.

Et là, c’est comme si le sol entier se dérobait sous mes pieds.

Mais afin que tu puisses comprendre toute l’intensité de mon désarroi, laisse-moi d’abord te confier deux ou trois petites choses…

Des choix et des anchois

Sept mois plus tôt.

Quand tu penses maitriser ton destin, que tu crois que ta vie est le résultat de tes choix passés et qu’il est possible de se construire ici-bas un nid douillet, arrivera toujours un imprévu pour te casser le délire.

Et puis maitriser…

Maitriser quoi au juste ?

En vérité, personne contrôle rien ici.

Personne.

Et si tu présumes le contraire, ben… tu peux te fourrer le doigt dans l’œil jusqu’au coude.

Pour toi, comme pour moi, tout a débuté par la décision d’un autre.

T’as choisi de naître, toi ?

Moi, non.

Et si tu m’affirmes que toi, oui. Tu m’en voudras pas si je refuse de croire à tes salades.

Même quand tu penses avoir acheté ta baguette dans cette boulangerie de ton propre chef, il n’en est rien.

Quelqu’un s’est auparavant prononcé pour toi afin de bâtir cette boutique, là, sur ton chemin.

Alors, tu me diras que tu peux toujours décider d’aller chercher ton pain ailleurs.

D’accord.

Mais là encore, tes actes se feront sans cesse en fonction du choix que d’autres auront opéré avant toi.

Il en est ainsi.

Quoi que tu fasses, faudra te faire à l’idée que toi, comme moi, comme tout le monde en réalité, maitrise que dalle.

Parce que vois-tu : la vie est une belle salope.

Parfois, elle t’a à la bonne, mais la plupart du temps, elle te jouera de vrais tours de pute.

C’est une certitude.

Même face à l’amour, elle te demandera pas ton avis.

Tu as décidé, toi, de tomber amoureux de telle ou telle personne ?

Je sens que tu vas me balancer qu’y faut pas voir tout en noir, que la vie est belle aussi et tout ça…

Je n’ai jamais prétendu le contraire.

Sauf que j’ai payé pour le mater entier ce spectacle. Pas question d’y assister qu’à moitié et refuser de regarder ce qui ne me plait pas.

Je te dirais même que si j’en ai l’occasion, j’en visiterais les coulisses à l’identique.

Mais revenons à ce qui nous intéresse, si tu veux bien.

Tout a commencé par l’ouverture du bottin, déposé par le facteur dans notre boite aux lettres peu de temps après notre emménagement.

— Lettre O… Obstétrique… Obstétricien. Voilà ! J’y suis. Ah ! Ben, c’est génial ! Regarde Mélodie, on en a un juste à côté.

C’est donc ainsi que nous l’avions choisi notre médecin pour cette grossesse, par hasard ou presque.

Si j’avais su…

Pas qu’il était incompétent ce toubib, loin de là. Mais c’est toujours comme ça.

Ce genre de choses, on ne l’apprend que trop tard.

Quand le mal est fait.

Enfin le mal… Nul n’est parfait, on a tous nos préjugés. Et c’est vrai que c’est ce que j’ai pensé quelque temps, comme je te le disais au début de mon récit.

Mais passons et recentrons-nous une fois de plus sur ce qui nous intéresse ici.

Revenons à notre médecin.

La cinquantaine passée, affable, de grosses lunettes à doubles foyers avec quelques cheveux grisonnants de-ci de-là, l’air instruit, il avait tout pour nous mettre en confiance.

Peu avare de tests en tous genres : échographie, toxoplasmose et tout un tas d’autres examens aux noms barbares, il nous avait convaincus que nous étions bénis des dieux.

Après chaque visite, nous en sortions rassurés.

L’enfant se portait à merveille et grandissait à vue d’œil, tranquille, dans le ventre de Mélodie.

Moi, sur cet écran noir et blanc, j’y comprenais pas grand-chose. Alors quand un docteur t’affirme que tout va pour le mieux, t’as bien envie de le croire. Surtout lorsque cela fait taire tes angoisses…

Mais faut jamais juger un livre à sa couverture.

Car tout comme le cocu est le dernier informé qu’il est pourvu d’une belle paire de cornes ; ce n’est que bien plus tard, que nous avons appris que peu importait à cet homme de ruiner la vie de ses clients, si cela pouvait servir ses convictions.

Qu’il avait bien caché son jeu.

Qu’il était un farouche anti-IVG.

Que notre futur bout de chou serait atteint de… trisomie 21.

Perpète !

Voilà. Maintenant, tu comprends pourquoi le sol s’est dérobé sous mes pieds, lorsque l’infirmière me l’a foutu dans les bras cet enfant.

Et je ne saurais dire si c’est un instinct parental ordinaire, mais j’avais tout de suite pigé qu’un truc n’allait pas chez lui.

Son regard trop bridé au centre d’un visage rond comme une barrique, agrémenté sur le dessus de quelques cheveux châtains épars, m’avait alerté direct.

Ce pour quoi, je n’avais pu m’empêcher d’interpeller la sage-femme avant qu’elle ne disparaisse comme les toubibs avant elle.

— Dites ! C’est normal ses yeux ? Vous êtes sûre de pas vous être trompée de bébé, là ?

— Ah ! Non. Impossible. Cet enfant est bien le vôtre.

— Mais enfin, regardez… On dirait le minot d’un couple asiatique.

— Oui. Et c’est tout à fait banal avec un syndrome de Down. Je pensais que le docteur Damiano vous l’avait expliqué pourtant ? m’asséna-t-elle sans concession, avec, visible dans son regard, l’envie de couper court.

« Maintenant si vous me permettez… je dois vous reprendre l’enfant et l’emmener auprès de sa maman. Il fait froid ici pour lui. N’oubliez pas qu’il y a peu, il se trouvait toujours bien au chaud dans le ventre de sa mère.

Et elle profita de ce que je sois encore assommé par sa révélation pour accomplir sa mission.

Syndrome de Down

Même si je n’en saisissais pas l’entière signification, ou plutôt, même si la peur d’avoir trop bien compris me coupait la chique ; ces trois mots sonnaient comme le couperet d’une sentence en Cour d’assises.

— Perpète !

Je restais donc là, sur place, à tituber comme un boxeur KO debout après avoir mangé un méchant uppercut dans les gencives, tandis que cette femme en habits blancs s’échappait dans le couloir avant de disparaitre, mon enfant dans les bras.

D’habitude, je serais allé sans attendre au chevet de Mélodie, mais là, je devais avoir la tronche d’un poisson rouge en apnée depuis trop longtemps hors de son bocal.

Fallait que je sorte respirer un peu d’air.

Boire un coup pour faire passer la pilule. Prendre le temps de réfléchir à comment annoncer ça à nos vieux respectifs.

Ne plus penser à l’avenir.

Putain de pilule d’ailleurs !

Quelle folie nous avait saisis de vouloir un chiard ?

On vivait très bien tous les deux, à filer le parfait amour.

Comme si les emmerdes ne vous tombent pas assez dessus comme ça sans rien faire, faut encore aller les chercher…

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Le Syndrome de Dawn

Le Syndrome de Dawn

Salut tout le monde !

Prochainement, un nouveau roman à mon actif. Je vous livre ici sa quatrième de couv’:

On entend souvent que l’amour est le plus beau des sentiments.

Qu’il n’y a rien de plus merveilleux que l’amour.

Qu’avec un grand A, celui-ci est éternel…

Mais parfois, ce même amour peut transformer quiconque en est atteint, en une vile créature des plus abjectes. Certains en arrivent même à massacrer leur prochain au nom de cet amour, ou du moins, au nom de ce qu’ils conçoivent comme tel… quand d’autres encore, se sacrifient ou s’ôtent la vie toujours en son nom.

Lorsque l’Amour le fit chavirer, jamais Galdric n’aurait cru s’envoler si haut avant de s’enfoncer aussi loin dans les méandres de cet indicible enfer que représente son absence.

Et vous ? Jusqu’où seriez-vous prêt à vous rendre par amour ?

« Une histoire d’Amour. Une vengeance terrible. Une Apocalypse… »

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Vegan Psycho

Salut tout le monde,

Je vous présente  VEGAN PSYCHO bientôt de retour suite à sa signature chez un éditeur   😉

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4ème de couverture :

Peut-on tuer par amour ? Chacun aura sa propre réponse. Mais dans tous les cas, cela semble être la croyance de ce psychopathe en apparence grand défenseur des animaux. Néanmoins, jamais Vanessa n’aurait pensé que cette affaire allait autant chambouler sa vie. Quant à Valmont, quelle mouche l’avait piqué de faire appel à ce médium ? D’accord, ce tueur jouait depuis un moment avec leurs nerfs, à semer des cadavres partout dans la région sans laisser de traces, mais était-ce vraiment une raison valable ? Car même si un homme sage a dit un jour : « Soyez le changement que vous voulez voir dans ce monde » ; entre une population ulcérée à deux doigts de se faire justice elle-même, des politiques et des journalistes motivés à faire choux gras sur leur dos, nos deux enquêteurs pouvaient‑ils se permettre de tout sacrifier sur l’autel d’un idéal ? Ce même idéal qui, peut-être, les avait déjà trahis…

Extrait :

[…] Lorsque le fourgon des pompiers l’avait embarqué, l’homme errait dans la rue. Les yeux vitreux, hagards, injectés de sang. Deux larges cernes sous ses globes oculaires enfoncés plus loin qu’à l’ordinaire formaient comme un vide béant. Méconnaissable. Ses habits couverts de vomi, il titubait seul au milieu de la foule tel un de ces camés ou de ces ivrognes honnis que l’on se complait à tenir au loin. Comment accepter cette épave échouée là, par hasard, à laquelle on ne veut prêter un regard par crainte d’y voir un quelconque reflet de sa propre vacuité ? Certains dégoutés, les autres amusés se contentaient de filmer. Exorcisme par l’image, vaine fuite face à la réalité. Il avait donc erré ainsi des heures, avant qu’enfin, quelqu’un se décide à faire le geste d’appeler à l’aide. L’individu balbutiait en boucle un monologue de mots incompréhensibles, tantôt murmures, tantôt paroxysme de rage, une écume blanche au bord de chaque commissure de ses lèvres gercées, tachées d’hémoglobine mêlée aux vomissures jusqu’au bas du menton.

— Le bouffer… J’ai été obligé… J’ai été obligé de le bouffer, je vous dis. Ce n’était pas ma faute ! Je l’ai bouffé. Je l’ai bouffé entier… Entier, misère de moi ! Je l’ai dévoré entier, je vous dis ! J’ai pas pu faire autrement. Faut me croire… Faut me croire, je vous dis ! J’ai pas pu faire autrement. C’était atroce… Atroce ! J’ai dû le bouffer ! Le bouffer entier, je vous dis… Entier ! […]

Ils ont aimé ou pas ?

Salut tout le monde,

Mes lectrices et lecteurs vous parleront bien mieux de mon thriller ésotérique que je ne saurais jamais le faire…

« J’AI ADORÉ : Oui, j’ai vraiment aimé ce roman, cela faisait longtemps que je n’avais pas remis le nez dans un livre, mais là, comme le sujet m’intéressait, JE L’AI AVALÉ AVEC PLAISIR 🙂
j’ai surtout aimé le passage sur le Tarot de Marseille, car je suis une éternelle débutante, et le moindre sujet sur le Tarot de Marseille me fascine. »

« À lire assurément ! Au regard des critiques, très positives sur ce livre, j’ai voulu faire ma propre opinion et je ne le regrette pas. DU MOMENT OÙ J’AI COMMENCÉ LA LECTURE, CE FUT IMPOSSIBLE DE M’EN DÉTACHER ET À LA FIN, J’EN VOULAIS ENCORE PLUS. Je recommande vivement la lecture de ce livre. ATTENDEZ-VOUS À ÊTRE SCOTCHÉ. C’est bien écrit, c’est fluide et ça fait du bien. »

« CAPTIVANT !!! Dès les premières pages, l’auteur a su accrocher ma curiosité. Entre Thriller ésotérique, voire initiatique, rappelant le Da Vinci Code et par moment l’Alchimiste de Paulo Coelho, j’ai lu presque d’une traite ce livre dont la fin est… Non je préfère ne pas en parler de peur de spoiler ce qui serait vraiment dommage.

Quant au style d’écriture, UN VRAI RÉGAL. Du polar pur et dur. Ce qui est très troublant pour un livre où la violence physique n’est pas du tout mise en avant bien que la violence de notre société y est dépeint avec lucidité et noirceur mais dénué de tout pessimisme.

Intrigues, mystères, histoire d’amour, rebondissement.

Merci à l’auteur de m’avoir fait passé un si bon moment. »

« Mon avis : J’AI COMMENCÉ CE LIVRE HIER MATIN ET JE L’AI AVALÉ D’UN TRAIT, L’ÉCRITURE EST VRAIMENT SYMPA, LE STYLE TROP COOL.

Loïc est un jeune informaticien qui va se découvrir un matin en allant au boulot, un don incroyable, il voit les auras, des lumières qui ornent la tête des gens, les couleurs varient selon leurs chakras et parfois c’est terrifiant. C’est le début d’une histoire vraiment passionnante avec des aventures amusantes qui m’ont vraiment beaucoup dépaysé. Il va devoir apprendre à se servir de son don, et aussi devoir affronter des personnages très antipathiques, grâce à Raoul un chauffeur de taxi hors normes, sa vie va devenir intéressante et le changer de sa routine quotidienne et surtout le sortir de sa solitude. Un changement de vie, une nouvelle voie et pour Loïc, une histoire vraiment prenante et amusante à certains passages.

J’ai passé un excellent moment de lecture merci aux nouveaux auteurs de nous changer un peu de lectures. »

« Si vis pacem para bellum : Ce récit, en dépit de son titre n’est pas du tout un énième salmigondis complotisto-ésotérique mais UN CONTE PHILOSOPHIQUE TRÈS BIEN ENLEVÉ, prenant seulement prétexte de la légende urbaine des « Illuminatis » et racontant la descente en paranoïa du « héros » suivie d’une rédemption… inattendue. L’AUTEUR POSSÈDE UN VÉRITABLE TALENT DE CONTEUR QUI FAIT QUE L’INTÉRÊT DU LECTEUR EST CONSTANT JUSQU’À LA FIN. J’ai également particulièrement apprécié son humour très spécial, son sens exceptionnel du dialogue (les dialogues sonnent toujours vrais) et ses considérations philosophiques autour du hasard et de la destinée qui sont vraiment de haute tenue. »

ou

« Sujet sans intérêt : Nous restons dans les clapotis de l’ésotérisme. »

 

Illuminati Revolution

Salut tout le monde,
Après quelque durs labeurs voici enfin mon 2ème roman. Je vous invite à venir feuilleter son extrait sur la page Amazon qui lui est dédié.

Un matin, tandis que Loïc se regarde dans le miroir de sa salle de bains, quelque chose ne tourne pas rond. Qu’est ce qui cloche encore chez lui ? Une étrange lueur enveloppe tout son corps. Même les objets sont touchés par cet inquiétant phénomène. Quant à ces effroyables hallucinations monstrueuses, vont elles enfin s’arrêter ?
Après avoir consulté plusieurs médecins, Loïc va dorénavant devoir se confronter à son destin, mais les Illuminatis veillent… Qui sont ils ? Que lui veulent ils ? Et pourquoi l’avoir choisi lui, le petit vendeur informatique minable, dont la vie semble bien insignifiante comparée aux projets occultes et mégalomaniaques de ces Maîtres du monde ? Et qui est Raoul, cet homme insolite qui va lui tendre la main et l’initier au Tarot de Marseille alors que celui ci est au plus bas ?

Retrouvez l’extrait et le livre sur : https://www.amazon.fr/dp/B01MZ5R1CZ/

Très prochainement disponible en version papier.

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Prochainement Illuminati Revolution

Illuminati Revolution

Prochainement sur Amazon.fr

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Résumé du livre :

Imaginez qu’un matin au réveil, tout ce que vous teniez pour vrai, se révèle faux.

Imaginez encore que tout ce qui vous entoure est un leurre et que vous-même participez à votre insu à ce mensonge généralisé.

Imaginez qu’un jour vous trouviez la solution pour remédier à tout cela.

Imaginez que vous tenez votre destin et celui de l’Humanité entière entre vos mains.

N’imaginez plus, ce monde est le vôtre…

Un matin, tandis que Loïc se regarde dans le miroir de sa salle de bains, quelque chose ne tourne pas rond. Qu’est‑ce qui cloche encore chez lui ? Une étrange lueur enveloppe tout son corps. Même les objets sont touchés par cet inquiétant phénomène. Quant à ces effroyables hallucinations monstrueuses, vont‑elles enfin s’arrêter ?

Après avoir consulté plusieurs médecins, Loïc va dorénavant devoir se confronter à son destin, mais les Illuminatis veillent… Qui sont‑ils ? Que lui veulent‑ils ? Et pourquoi l’avoir choisi lui, le petit vendeur informatique minable, dont la vie semble bien insignifiante comparée aux projets occultes et mégalomaniaques de ces Maîtres du monde ? Et qui est Raoul, cet homme insolite qui va lui tendre la main et l’initier au Tarot de Marseille alors que celui‑ci est au plus bas ?

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Extrait de « Autopsie d’une saison en Gendarmerie »

Amour, sexe & rififi

 Des jours passent et par une belle matinée ensoleillée qui avait bien commencée, un homme à la chevelure grisonnante vient porter plainte. Il a découvert ce matin une lettre anonyme accrochée à l’essuie-glace de sa bagnole dont les pneus ont tous été crevés. L’homme suspecte un de ses copains, enfin un de ses ex-copains, car tous deux se sont pris la tête pour s’être épris de la même donzelle…

 Les quatre pneus ! Il m’a crevé les quatre pneus ce salaud ! Il faut que vous alliez l’arrêter. Ce n’est plus vivable ! L’autre fois, j’étais déjà venu porter une énième plainte contre X pour des rayures sur ma carrosserie, sans suite de votre part évidemment… Et maintenant, les quatre pneus, plus cette lettre d’insultes ! Cette fois aucun doute possible. C’est lui, je vous dis ! Depuis le début, c’est lui !!! dit l’homme la face rougie par la colère en agitant devant lui ce qui semble être le billet anonyme en question.

 Permettez, monsieur, que je lise cette lettre, lui répond le planton avec flegme.

L’homme tend le bout de papier dactylographié au gendarme qui le lit à voix haute.

— J’espère que le goret nain que tu es, s’amuse bien entre la rivière des seins opulents de cette putain. D’autant plus qu’elle en connait une sacrée tranche en positions du Kâma-Sûtra. Et que j’ai la certitude que cette garce vicieuse ne reculera devant aucune obscénité pour réussir à faire bander l’appendice flasque et adipeux qui te sert de bite. Quand elle t’aura bien sucé la queue afin que tu l’aies bien raide. Tu pourras lui fourrer droit dans les miches et la sodomiser brutalement comme cette salope aime tant. En attendant, ce soir et à quatre reprises, c’est moi qui t’encule à sec, sale petit goret. 

Ayant fini la lecture, le gendarme de garde pose la lettre sur son pupitre avant de poursuivre impassible.

 Écoutez monsieur Martin. Je vais prendre votre plainte et l’ajouter au dossier avec cette lettre en pièce jointe pour le juge qui suit l’affaire. Le gendarme afféré à votre dossier est absent aujourd’hui, mais je lui en donnerais une copie. Il vous convoquera certainement dans les jours qui suivent.

 C’est tout !?!? C’est tout ce que vous allez faire ?! Mais ça va durer encore combien de temps cette histoire alors !? Ça va mal finir ! Ça va VRAIMENT mal finir, hein ! C’est moi qui vous le dis !!! rétorque le plaignant hors de lui.

 Écoutez monsieur Martin. S’énerver ici ne servira à rien. Le juge fait son travail et je fais le mien, répond imperturbable le planton en insérant deux formulaires de dépôts de plainte, intercalés avec du papier carbone, dans sa vieille machine à écrire avant de poursuivre.

 Je vous écoute. Quand, où et comment avez-vous découvert la lettre et que vos quatre pneus ont été crevés ? 

L’homme arrivé à cran, garde tant bien que mal son calme pendant que le gendarme tape la plainte au fur et à mesure de son récit. À nouveau seuls et la porte d’entrée se refermant derrière le plaignant, parti quelque peu remonté, je demande à mon collègue.

 Waouh ! C’est quoi cette histoire ? 

 Une sombre histoire de cul merdique où sept mâles en rut se disputent la même gonzesse. Même JR de la série Dallas fait pâle figure devant cette affaire qui dure depuis des années. Du coup, à force de recevoir plainte sur plainte et des tonnes d’accusations sans preuves tangibles, le juge en a marre. Il nous a ordonné de faire des écoutes téléphoniques afin de démêler le vrai du faux de cette histoire sans fin, assaisonnée de pneus crevés, menaces de mort, insultes, coups bas, lettres anonymes, bagarres, réconciliations, diffamations, etc.

 Sept gars qui s’étripent pour une seule nana ?! Ben dis donc ! Elle doit être drôlement bien roulée la Blanche-neige… 

 Tu verras bien quand on ira perquisitionner chez elle. Mais les sept nains c’est vraiment sept Simplet, répond-il en riant. Quand Franck sera de retour, je pense que tu pourras lui filer un coup de main pour les écoutes si tu veux. Chaque fin de mois, on doit se farcir leurs conversations et si au début c’est marrant, aujourd’hui ça commence à gonfler tout le monde. On a autre chose à foutre que d’écouter les histoires de cul de ces tarés dégénérés.

Ludo qui était resté silencieux jusque là, demande au gendarme de lui passer la lettre anonyme pour la lire de ses yeux.

 En tout cas si le mec avait grave les boules. C’est quand même drôlement bien écrit, nous fait-il remarquer après avoir fini sa lecture à haute voix.

— Fais passer Ludo s’il te plait.

Je relis le début de la lettre anonyme en pointant le rythme des phrases.

— Vous avez remarqué que le début est écrit comme un poème ou une chanson ? 

J’espère que le goret nain

Que tu es, s’amuse bien

Entre la rivière des seins

Opulents de cette putain. 

Et vous avez remarqué les mots, les tournures de phrases ? Droit dans les miches, appendice flasque et adipeux. On dirait presque du San Antonio. Manque plus que la photo d’une jolie Pin-up à moitié à poils en couverture pour finir le tableau.

 — C’est vrai que c’est pas mal écrit… approuve le gendarme pensif avant de finir sur un ton moqueur. Quant à la jolie Pin-up, on se calme bande d’obsédés. N’allez pas salir vos calcifs ici devant moi !

Midi sonne l’heure du repas. Nous fermons les bureaux pour aller manger.

Allo ? Oui, j’écoute

Quelques jours passent, et voici que vient pour moi le temps d’écouter avec le gendarme Franck, les enregistrements téléphoniques ordonnés par le juge. Je vous passe les appels sans intérêts pour notre histoire…

Premier appel, une voix d’homme : « Salut poupée ! C’est moi. »

Blanche-neige d’une voix douce et enjouée : « Ah enfin ! C’est toi mon bichon. J’attendais justement ton appel. »

L’homme : « On peut se voir ce soir ? Je suis libre dès 20h00. »

Blanche-neige contrariée : « Oh non… Ce soir, je dois aller diner chez mamie et demain je travaille tard. Je croyais te l’avoir dit pourtant ? »

L’homme : « Ah oui, c’est vrai. Je m’en rappelais plus. Mais maintenant que tu le dis… »

Blanche-neige enjouée : « Mais après demain, je suis libre. Maman pourra prendre bien soin de son petit bichon après demain. »

L’homme : « Après demain… Attends deux secondes. – silence et bruits de papier – Oui après demain je peux, mais pas avant 22 heures. »

Blanche-neige l’air déçue avant de poursuivre d’une voix vicieuse : « Pas avant 22 heures ?! Tu vas me faire languir aussi longtemps !? Pour qu’elle te pardonne, faudra être bien gentil avec maman, bichon. Car après autant de temps à attendre, maman sera toute chose… »

L’homme : « T’inquiètes poupée. Tu sais bien que ton petit bichon amène toujours avec lui son petit nonos à ronger… » Il ricane.

Blanche-neige sur un ton lubrique : « Oh oui ! Le nonos à bichon. Comme maman aime jouer avec le gros nonos et les baballes à bichon… »

L’homme : « Bon, ce n’est pas tout mais je dois raccrocher. Gros bisous sur ton bonbon rose poupée. Bisous, je raccroche à vendredi. »

Blanche-neige à voix basse : « Bisous bichon. »

L’homme à voix basse également : « oui, bisous… Bisous à vendredi. »

Ils raccrochent. Franck me regarde avec un sourire en coin.

 T’as vu comme elle lui parle ? Ben tu vas devoir écouter la suite, et t’as pas fini… Car tu vas noter toutes les heures, tous les numéros appelant et tout ce qui peut être utile à l’enquête. Je vais rester avec toi un moment pour que tu comprennes bien ce que l’on recherche et après tu te démerdes.

 Ok. Donc là, j’ai noté la date et l’heure de l’appel avec le numéro appelant. Mais dis-moi, les histoires de nonos et de bonbon… Je suppose que ce n’est pas cela qui nous intéresse, je note pas tout ça ? On note que ce qui peut être des aveux, des propos violent ou menaçant, non ?

 Oui, tu as tout compris. Ce qu’on cherche, c’est tout ce qui peut ressembler, de près ou de loin, à des aveux ou des menaces directes ou indirectes. Si tu as un quelconque doute, tu notes quel appel c’est et on verra ça ensemble plus tard. Il y a plus de six heures d’enregistrement ce mois-ci, alors ne te fais pas chier avec les appels de la famille, les démarcheurs, etc. Tu verras de toute façon, c’est très facile à faire la différence.

Franck me donne les dernières directives pour faire fonctionner le magnéto servant à l’écoute, et je continue seul la lecture des cassettes.

Je passe les appels sans intérêts pour notre enquête jusqu’à tomber sur une autre conversation quelque peu étrange.

Blanche-neige : « Allo ? »

Un homme : « Coucou, c’est moi. »

Blanche-neige froidement : « C’est qui moi ? »

L’homme : « C’est moi, Hubert. Je t’appelle pour savoir si… »

Blanche-neige lui coupe net la parole et répond sèchement : « Ah ! C’est toi l’asticot ! J’en étais pas sûre… Je ne t’ai pas dis que c’est moi qui t’appellerais ? Combien de fois faut te le dire !? Tu comprends quand je te parle ?! »

Hubert : « Mais bibiche, tu me manques et je… »

Blanche-neige lui coupant encore une fois la parole d’une voix cinglante : « Ce n’est pas une raison ! Quand je te dis que c’est moi qui t’appelle, tu n’as pas à m’appeler ! Tu n’as qu’à obéir et attendre ! Tu comprends ce que je te dis là ?! »

Hubert d’une petite voix : « Oui bibiche, je comprends. J’attends ton appel mais tu vas me rappeler quand ? »

Blanche-neige : « Tu attends point final ! Je n’ai pas à me justifier, ni à te dire quand, où et comment. Tu obéis un point c’est tout !! »

Hubert d’une voix tremblotante : « Oui bibiche. »

Blanche-neige : « Maintenant raccroche. »

Hubert : « Oui bibiche, d’accord. »

Blanche-neige : « Tu n’as pas à être d’accord l’asticot ! Juste à obéir ! Raccroche maintenant ! »

L’homme raccroche le combiné.

Je suis sur le cul. Habitué jusqu’à présent à entendre une voix suave et sexy, Blanche-neige semble avoir totalement changé de personnalité. Comment la femme coquine, sensuelle et enjouée à l’idée de revoir son amant de l’autre conversation, peut-elle se transformer à ce point en dominatrice vorace, en inflexible maitresse de donjon ? J’ai du mal à comprendre. Mais après tout, si ce mec aime se faire traiter comme une merde, grand bien lui fasse, puisqu’il en faut pour tous les goûts à ce qu’on dit.

Je poursuis donc ma mission jusqu’à ce que je tombe à nouveau sur une autre conversation du genre qui nous intéresse ici. La sonnerie du téléphone se fait entendre, Blanche-neige décroche comme à l’accoutumée, et la voix d’un autre mâle résonne sur l’enregistrement. Bien entendu et comme à chaque fois, je note la date, l’heure et le numéro de l’appelant.

Le mâle : « Salut tiramisu mia. Ça va ? »

Blanche-neige d’une voix joyeuse : « Oh Carlo ! Comme je suis contente de t’entendre ! Ça va bien. Mais ça fait déjà trop longtemps tu sais… »

Carlo : « Je sais, je sais… Mais je fais comme je peux. Tu le sais bien ? »

Blanche-neige semblant déçue : « Oui, je sais… »

Carlo : « Dis-moi. Je pensais t’inviter au resto ce soir. Tu es libre pour un Italien ? »

Blanche-neige : « Mais pour toi je serais toujours libre, tu le sais bien. À quelle heure tu comptes passer ? »

Carlo : « Je ne sais pas. À 19h ça te vas ? »

Blanche-neige : « 19h ? Oui, ce serait parfait. Et comme ça, on pourra commencer par une petite entrée pour se mettre en appétit avant le resto. »

Carlo d’une voix libidineuse : « Toi, tu as envie de mettre le cannelloni au four avant d’aller manger… »

Blanche-neige susurrant lentement d’une voix sensuelle : « Mm mm oh oui… Un bon cannelloni, il n’y a rien de mieux accompagné d’une bonne béchamel. Tu ne crois pas ? »

Carlo gloussant légèrement avant de poursuivre d’une voix forte : « Hé, hé, hé, hum-hum… D’accord ! Alors je vous dis à ce soir ! – Puis murmurant – Je dois raccrocher là. Je suis au boulot et la patronne n’est pas loin. »

Blanche-neige sur un ton très irrité : « Quand est-ce que tu vas enfin te décider à l’envoyer paître celle la !? – Puis chouinant comme une gamine capricieuse – j’aimerais tant que le cannelloni soit tout à moi. »

Carlo chuchote agacé : « Oh ! Tu vas pas encore recommencer… Je t’ai déjà dit que là tout de suite, ce n’est pas possible. Bon, je dois raccrocher là. Allez à ce soir. »

Blanche-neige reprenant sa voix de mouflette chouineuse : « Tu m’amèneras un petit cadeau pour te faire pardonner ? »

Carlo reprenant d’une voix forte, la patronne devant se trouver dans les parages : « Mais oui, bien entendu ! À ce soir 19h sans faute ! »

Blanche-neige : « À ce soir mon cannelloni à la crèmeBisous, je t’embrasse très fort. »

J’entends la tonalité du téléphone indiquant qu’ils ont raccroché.

À la fin de ces quelques conversations, je suis déjà effaré devant cette reine de la manipulation. La garce ! Trois gars, trois personnalités différentes : L’amante coquine, l’implacable dominatrice et la maitresse éplorée. Mais je suis loin du compte… En continuant les écoutes, je découvre que Blanche-neige devrait être nominée aux Césars de la meilleure actrice. Ce succube machiavélique interprète à la perfection sept rôles distincts pour servir ses desseins. Chaque mâle sous son emprise se retrouve agrippé à son derche comme autant d’insignifiants morbaques dont elle se débarrasse quand bon lui semble, leur faisant jouer divers jeux malsains mêlant colère, jalousie, tromperies et luxure afin qu’ils s’étripent allègrement.

Je vous passe les détails, mais après des heures et des heures d’un dur labeur passé à écouter les folles histoires de cul de ces huit siphonnés du fion, je crois bien avoir fait mouche. Selon toute vraisemblance, les carottes sont cuites pour Blanche-fesses et ses crétins. Je file donc en toucher deux mots à Franck pour en avoir le cœur net et savoir si vraiment, c’est la fin des haricots pour leurs gueules. Bingo ! Mon intuition tombe juste. En toute logique, le juge armé de ces nouveaux faits, devrait autoriser des fouilles. Effectivement, quelques jours plus tard le magistrat ordonne une perquisition dans chaque domicile…

Les voies du Seigneur sont impénétrables

Très tôt ce matin, et l’offensive devant se dérouler en simultanée, toutes les équipes créées pour les perquisitions sont sur le pied de guerre. L’Officier de Police Judiciaire nommé à la tête de l’opération, le chef Chouros, nous donne les dernières recommandations pour effectuer au mieux notre boulot ainsi que les derniers détails de l’enquête. Notre diablesse a réussi à persuader un de ses nombreux michetons à voler pour elle des bijoux à l’un d’entre eux. Nous sommes donc à la recherche d’un collier de perles, d’un bracelet également en perles et d’une paire de boucle d’oreilles assortie à la parure. Les trouver permettra de corroborer toutes les écoutes téléphoniques afin de pouvoir inculper Blanche-fesses et toute sa bande de branquignoles.

Les derniers préparatifs finis, le chef Chouros, Franck, Bob, Francis et moi-même montons tous les quatre dans le Trafic et, pendant que les autres équipes se rendent respectivement chacune chez les sept couillons, nous faisons route vers le domicile de Blanche-fesses. Celle-ci habite une maison de village située au calme dans une ruelle paisible de la commune. Il est encore tôt et la rue est déserte quand nous nous garons pas loin de sa porte d’entrée et que nous descendons tous en silence du fourgon, en prenant soin de ne pas claquer les portières, dans l’attente du déclenchement des opérations.

Chaque équipe enfin en place, le signal radio est donné. Le chef Chouros, après s’être approché à pas de loup jusque devant le domicile de notre succube, tambourine maintenant vigoureusement la porte du poing en clamant d’une vive voix.

Gendarmerie Nationale ! Ouvrez ! 

Quelques secondes plus tard, une voix féminine se fait entendre.

— Quoi ? Qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce qu’il se passe ? 

Je reconnais la voix sexy et sensuelle de Blanche-neige. Après tout ce temps, je vais enfin savoir à quoi ressemble cette virtuose du sexe qui, pour mener autant de mecs par le bout de la queue et leur faire perdre autant la boule, doit également posséder une plastique de rêve sacrément avantageuse…

 Gendarmerie Nationale madame ! Ouvrez la porte ! beugle à nouveau le chef Chouros.

 J’arrive ! Deux secondes ! C’est pourquoi ? répond Blanche-neige n’ayant toujours pas ouvert sa porte.

 Madame, ouvrez la porte ! Gendarmerie Nationale ! réplique une fois de plus le chef Chouros tambourinant la porte de plus belle.

 Oui ! Oui ! Je vous ouvre… Cassez pas tout ! dit Blanche-neige que je devine agacée au timbre de sa voix.

Un bruit de clefs se fait entendre, la serrure cliquète et la porte s’ouvre enfin laissant apparaitre, dans la lumière tamisée et colorée du petit-matin, Blanche-neige dans toute sa splendeur.

Adieu veaux, vaches, cochons, couvées ! Blanche-neige, enfin dévoilée, se situe aux antipodes de la bombe sexuelle que j’avais imaginé et qu’il est possible de contempler dans chaque page centrale de tout bon magazine Play Boy.

Des cheveux longs, lisses et de couleur poivre noir, laissent apparaitre un cuir chevelu parsemé de pellicules restées collées sur le gras de la tignasse hirsute. Le front bas, orné de sourcils épilés, surplombe de petits yeux chafouins de couleur noisette, partiellement cachés par une paire de lunette d’écailles noires aux verres épais, qui me dévisagent au-dessus d’une bouche entrouverte, aux lèvres étroites et rosâtres, laissant apparaitre une dentition de squale à l’implantation aléatoire. Le visage rond, blafard et luisant de sueur, encadre un nez court et retroussé qui, avec ses deux narines béantes, confère à son faciès un air porcin. Emmaillotés dans un pull fin et moulant de couleur blanc, deux seins opulents et ballants reposent sur une plantureuse panse où chaque bourrelet se dessine et s’expose aux regards de tout un chacun. Un panty de couleur sombre apporte la touche finale au tableau, couvrant deux jambes courtes et dodues, entre lesquelles j’ai à présent bien du mal à comprendre comment sept adultes mâles, et combien d’autres, ont pu perdre la raison.

Décidé à en finir rapidement le chef Chouros ne perd pas une seconde.

 Bonjour madame. Comprenez-vous pourquoi nous sommes ici ? Cela ferait gagner du temps à tout le monde. 

 Non. Je ne vois pas du tout pourquoi vous êtes là. Que venez-vous faire chez moi ? Et à cette heure-ci en plus ! 

 Voici madame, la commission rogatoire qui nous autorise à fouiller votre domicile, dit-il en tendant le document à la scélérate et s’introduisant en force.

 Mais…?! C’est inadmissible ! Vous n’avez pas le droit !

 Détrompez-vous madame, ce document faisant foi, nous en avons parfaitement le droit. Vous ne pouvez vous y opposer. Messieurs, procédez !

Suivant les ordres, chacun de nous pénètre manu militari le domicile de Blanche-neige qui à présent nous suit mollement de pièce en pièce d’un air désespéré. Et alors qu’en silence nous fouillons partout, retournant chaque tiroir, chaque placard, chaque fauteuil, lit et canapé, sans trop lui prêter attention, celle-ci clame sans cesse son innocence implorant Dieu afin de savoir ce que nous pouvons bien lui vouloir. Ironie du sort, hasard ou punition divine, puisque selon la légende, nul ne doit invoquer le nom du Seigneur en vain ; L’Éternel dans sa grande mansuétude exauça avec promptitude les prières de son ouaille en s’ingéniant à ce que l’un de nous mette finalement la main sur les bijoux volés.

Dorénavant, entre les écoutes et les preuves matérielles que nous avons récoltées, l’avenir sent fortement le roussi pour Blanche-fesses et les simplets. Le chef Chouros informe le succube de ses droits tandis que nous l’emmenons menotté à la brigade où le juge chargé de l’affaire statuera sur son sort et sur celui de toute sa clique de crétins dégénérés. Quelles sanctions ont été prises à leur encontre ? Je ne saurais vous dire. Mais ce que je suis en mesure de vous dire par contre, c’est que les histoires de cul, et d’autant plus que les culs sont nombreux, ne sentent jamais la rose.

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Autopsie d’une saison en gendarmerie

Vivez une saison en Brigade de Gendarmerie comme si vous y étiez.

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<< La porte s’entre-ouvre, laissant enfin apparaitre notre suspect. Sur le trajet, je m’étais imaginé un monstre, une entité tout droit sortie des profondeurs infernales, un être humanoïde au faciès horrifique tel que l’on peut en voir au cinéma dans Massacre à la tronçonneuse ou Les Griffes de la Nuit ou un quelconque film du genre. Mais la réalité est bien pire…
J’ai maintenant l’intime conviction que l’homme assis à côté de moi, est le cas typique du monstre dont on entend heureusement parler, la plupart du temps, que dans les journaux. Et voici que ma propre Bête plonge son regard hypnotique dans le mien, me susurrant à l’oreille de prendre mon Beretta pour lui coller une bonne bastos de neuf millimètres Parabellum droit dans la caboche, histoire d’effacer de la surface de la Terre pareille vermine. La fureur, la haine et la monstruosité peuvent-elles contaminer ceux qu’elles côtoient ? >>

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Plongez au milieu des entrailles d’une Brigade Territoriale de la Gendarmerie Nationale, et vivez chaque intervention et chaque fait divers issu de faits réels, comme si vous y étiez. Cependant, gardez à l’esprit que le contenu des viscères n’étant pas renommé pour sentir la rose, le ton employé ne devra pas vous étonner. D’autant plus que le tableau dressant l’état général de l’âme humaine, présenté ici, n’est pas reluisant et possède plus d’accointances avec le portrait de Dorian Gray, peu avant que celui-ci eut rendu son dernier souffle, qu’à une œuvre de Botticelli ou encore de Gustav Klimt.